
Dans la série Compétences et Échelles de Youthful Cities, nous mettons en lumière les défis auxquels les jeunes Canadiens font face sur le marché de l’emploi, dans le monde du travail et la vie urbaine, ainsi que certaines solutions à ces problèmes. Ces informations proviennent de données recueillies dans le cadre de DEVlab, un projet financé par le gouvernement du Canada et réalisé en partenariat avec l’Institut Tamarack. Ce projet, d’une durée d’un an, visait à comprendre ce dont les jeunes ont besoin pour réussir et comment nous pouvons bâtir une main-d’œuvre jeune plus dynamique, engagée et vitale dans les villes.Dans cette série, nous analysons nos résultats et identifions les « compétences » comme les aptitudes que les jeunes possèdent ou doivent acquérir, et les « échelles » comme les soutiens qui permettent une meilleure connexion aux opportunités de carrière, l’amélioration des conditions de travail et l’accès aux ressources disponibles. Ces deux composantes sont essentielles pour obtenir des résultats optimaux, et cela exige une collaboration entre les jeunes, les acteurs du milieu éducatif, les entreprises et les gouvernements afin de trouver des solutions (c’est-à-dire, utiliser les compétences pour gravir les échelons et utiliser les échelons pour renforcer les compétences).
Nos données se concentrent sur les jeunes (16-29 ans) de Calgary, Montréal, Toronto et Vancouver. Elles sont basées sur des centaines d’entretiens menés avec des jeunes et des professionnels travaillant avec eux, sur des réponses à des enquêtes approfondies et sur une base de données d’articles. Pour ceux qui souhaitent un aperçu rapide des idées clés, nous avons sélectionné quelques questions particulièrement surprenantes et marquantes pour une analyse plus poussée. Dans ce document, nous mettons l’accent sur l’écart entre les compétences que possèdent les jeunes et celles dont ils ont besoin.

Le terme « échelle professionnelle » désigne souvent la progression d’un poste de débutant vers un poste plus élevé au sein d’une organisation, accompagnée généralement d’une augmentation de salaire, de responsabilités, et d’un développement des compétences. Mais que se passe-t-il si vous avez une formation et des compétences qui ne correspondent pas aux postes de débutants ? Que se passe-t-il si votre recherche d’emploi intervient après une pandémie mondiale, en pleine crise nationale de l’accessibilité financière, alors qu’il est difficile d’établir des contacts et d’acquérir une expérience professionnelle ?
C’est la réalité à laquelle de nombreux jeunes sont confrontés aujourd’hui. L’échelle professionnelle semble se trouver au milieu d’une course d’obstacles, avec de nombreuses barrières à surmonter pour y accéder. L’un des principaux obstacles est le décalage des compétences.
Un décalage de compétences survient lorsqu’il existe une déconnexion entre :
Cet écart se manifeste lorsque les individus n’ont pas les compétences nécessaires pour occuper un poste, lorsque les employeurs peinent à trouver des candidats qualifiés, ou lorsque les changements rapides dans le monde du travail rendent difficile l’adéquation entre les compétences existantes et les exigences des emplois. (YC00004).
Au cours de nos entretiens, les jeunes ont souligné que les employeurs exigent souvent des compétences spécialisées et de l’expérience, en plus d’une éducation formelle. Cette insistance sur l’expérience préalable, même pour des postes débutants, crée un décalage évident entre les compétences des jeunes et les attentes des employeurs. En conséquence, de nombreux jeunes très instruits se retrouvent souvent sous-employés, car ils n’ont pas accès aux opportunités d’apprentissage intégré au travail que les employeurs réclament.

Nos données montrent que les jeunes ont confiance en des compétences telles que la résolution de problèmes, l’adaptabilité, la collaboration et l’organisation. Cependant, ils sont moins certains que les employeurs apprécient leur créativité et leurs recherches indépendantes – des compétences clés axées sur la curiosité qui sont essentielles pour réussir sur le marché du travail.
Les compétences liées à la curiosité sont celles qui proviennent d’un désir proactif d’apprendre, d’explorer et de créer. Ces compétences sont souvent développées en dehors des environnements d’apprentissage traditionnels :
Pour combler ce fossé, les jeunes peuvent exploiter de manière créative ces compétences fondées sur la curiosité. Par exemple :
Ces compétences axées sur la curiosité sont intemporelles et essentielles dans tous les secteurs, ce qui les rend indispensables à tout parcours professionnel. En mettant l’accent sur ces capacités et en les communiquant efficacement, les jeunes peuvent mieux se positionner sur un marché du travail compétitif, tout en surmontant les obstacles liés au décalage des compétences.
Échelles : Comment les parties prenantes peuvent aiderPour remédier au décalage des compétences, les établissements d’enseignement, les entreprises et les gouvernements doivent collaborer avec les jeunes afin de mobiliser leurs compétences et d’élargir les possibilités d’emploi :
Sources : (YC00102, YC00004, YC00016 – les références codées se rapportent aux ressources que vous pouvez trouver dans le chatbot de Labo Data Jeunesse)
Grâce aux efforts de collaboration entre l’éducation, l’industrie et le gouvernement, nous pouvons créer un écosystème favorable qui permette aux jeunes d’associer leurs compétences motivées par la curiosité à un travail intéressant. En remédiant à ce décalage, nous aidons les jeunes à gravir les échelons professionnels en toute confiance, garantissant ainsi une main-d’œuvre dynamique et prospère pour l’avenir.
Prochaines étapes :
Que se passe-t-il lorsque l’on invite les jeunes à repenser l’avenir des métiers spécialisés? Cet hiver à Montréal, le Youthful Cities Labo d’innovation sur les métiers spécialisés a réuni des jeunes de 18 à 30 ans, des éducateurs, des employeurs et des acteurs communautaires autour d’une question centrale : Comment rendre les métiers spécialisés plus […]